• Job

    L' homme dans l'ignorance de son Ombre

    L' expérience de la crucifixion du Moi identifié

    Présentation de l'atelier

  • La souffrance est au centre du Processus d'individuation

    Ce qui est inacceptable n'a pas à être accepté

    Que dit le mythe biblique de Job ?

    L’histoire de Job est écrite dans l’Ancien Testament dont l’auteur présumé est Moïse.

    Le texte biblique dit que Job a acquis de nombreuses richesses terrestres, propriétés, cheptels, que ses greniers à grains débordent et qu’il est comblé affectivement par une femme, dix enfants et des amis. Il est un « homme droit », un homme de bien, heureux parmi les siens, craint par les plus jeunes et honorés par tous. Il est le « juste », parmi les justes, qu’un pari entre Dieu et Satan va mettre à l’épreuve. Souffrant dans sa chair, dépossédé de tout ce qu’il a acquis alors qu’il a scrupuleusement appliqué les codes moraux auxquels il a souscrit, Job est désappointé, car dit-il « il n’a pas pêché ». Cependant, rien ne lui est épargné : la perte de tous ses biens et celles de ses enfants, de ses amis, de sa santé, de sa notoriété. Job est dépouillé de tout et continu à vénérer son Dieu, préservant ainsi l’image qu’il s’en soit faite. Un jour, à bout de force, il craque et l’invective : « Pourquoi donner tant d’importance à un humain? Oui, pourquoi le prends-tu tellement au sérieux? Or tu viens l’inspecter matin après matin; à chaque instant, tu le soumets à une épreuve! Quand donc cesseras-tu de t’occuper de moi? ». Job se révolte, son idolâtrie cesse et au cœur de cette tempête, l’Éternel se fait connaître et Job reconnaît enfin : « Je ne savais de toi que ce » qu’on » m’en avait dit, mais maintenant c’est de mes yeux que je t’ai vu. » (Job 42 5). Il a fait le chemin qui mène de la religion à la relation, de la bonne conscience à la conscience, de la croyance à la connaissance.

    En quoi la souffrance participe-t-elle au Processus d'individuation ?

    Le mythe de Job nous enseigne que la bonne conscience n’est pas la conscience. Au niveau de sa Persona Job est irréprochable, mais il semblerait qu’il ait fait l’impasse sur les forces obscures de son inconscient : il a fait l’économie de son ombre et s’est réfugié exclusivement dans le monde des apparences. Un nettoyage de fond est nécessaire et Satan « la main gauche de Dieu » va s’y employer pour permettre à Job de faire l’expérience du Léviathan, c’est-à-dire le cœur de son être. L’épreuve ne serait donc pas une punition divine, mais un chemin de connaissance de soi. Job participe d’une humanité dont la conscience est immature : il est croyant et non connaissant. Il est un homme de devoir et par voie de conséquences se sent quitte vis-à-vis de son Créateur et pense en agissant ainsi attirer à lui toutes ses bénédictions. Cependant dans l’Évangile apocryphe de Philippe, Jésus confronte un serviteur sur son inutilité puisqu’il limite sa vie à l’accomplissement de ses devoirs. C’est la grande leçon de ce mythe : la réalisation de l’Être, passe par un travail d’épousailles de son ombre. La descente de Job dans ses enfers lui permet de voir ce qui en lui est demeuré inachevé, non civilisé, brutal et grossier. C’est le voyage qu’il va entreprendre, comme une personne qui entame une thérapie avec la conscience qu’il ne s’agit pas d’un circuit touristique, mais d’une mise à l’épreuve de ses systèmes de compensation destinés à la maintenir à la superficie de son expérience de la vie.

    En quoi ce mythe parle de l'homme d'aujourd'hui ?

    Dans le monde d’aujourd’hui, Job serait taxé du syndrome de Stockholm ou jugé masochiste. Deux manifestations d’un état pathologique en raison de la déformation de la réalité, associé à un mécanisme de sublimation et un déni. L’homme moderne a déserté son intériorité au profit de sa personnalité. Or la personnalité est en partie la source de sa souffrance. Elle est la forme illusoire à laquelle il s’est identifié pour répondre aux exigences de l’environnement et à l’impératif interne de devenir quelqu’un. Exister, se maintenir en dehors de l’Être. L’origine métaphysique de la souffrance fait référence à l’errance de cet homme coupé de son intériorité. Il ignore ce qui le constitue et fait crédit exclusivement au monde des apparences dont il va dépendre, ce qui fait le lit du narcissisme destructeur manifesté par l’avidité, la possession, les avoirs, la consommation, les identifications. La grande illusion de l’être humain est de s’accorder un statut d’être abouti sous prétexte qu’il est le seul règne capable de penser. L’homme identifié au monde sensible et coupé de son intériorité vit dans l’ignorance de ses normes ontologiques. Privé de son architecture sacrée qui le destine à la santé, à la joie, à la gratitude et à la quiétude, il fait l’expérience de la souffrance physique et psychique et se lamente de « sa condition qui trop humaine devient inhumaine » dit Annick de Souzenelle.

    Qu'en pense Jung  ?

    Dans son ouvrage, Réponse à Job, Jung écrit que la souffrance est au centre du Processus d’individuation et la condition même de la transformation du psychisme et de la personnalité. Il utilise le mot souffrance et réfute celui de masochisme qui a répandu l’idée d’une jouissance à la souffrance. Qu’elle soit une crucifixion, un sacrifice, une épreuve, la tension des opposés, la souffrance est indéfectiblement liée au psychisme obscur nommé Ombre dans la psychologie des profondeurs. Elle est ontologique. L’homme, dans l’ignorance de ses enfers, reste la proie des forces obscures de l’inconscient qu’il ignore. En conséquence, sa seule préoccupation est alors narcissique, centrée sur la satisfaction de ses besoins primaires et des exigences de la personnalité à laquelle il s’est identifié, pour se maintenir dans l’illusion d’être quelqu’un.

    Dans ce livre, Jung prend clairement position dans le débat sur le mal. Sa réponse est affirmative, le mal existe et il est de nature ontologique : les forces de construction et les forces de destruction se disputent l’homme, comme l’histoire de Job le montre dans le pari entre Dieu et Satan, de savoir qui des deux l’emportera. Une chose identique se déroule dans la psyché humaine et dans l’univers : le conflit est irréductible.

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