• NARCISSE

    L'impossible différenciation avec l'inconscient : la Grande Mère

    Le retour aux origines est une tendance naturelle de la libido

    Présentation de l'atelier

  • La libido narcissique est une impulsion du Soi

    Narcisse , c'est la quête du soi de soi-même, une libido restreinte

    Le mythe de Narcisse

    Dans les métamorphoses d’Ovide, il est écrit que Narcisse est conçu lors d’un viol, commis par le Dieu fleuve Céphise qui enlaça la nymphe Liriope, une divinité subalterne et mortelle à qui il fit violence lorsqu’il l’eut enfermée dans ses ondes. Liriope enfante Narcisse, un demi-dieu et consulte l’oracle pour connaître l’avenir de l’enfant. La réponse du devin est : « il atteindra la vieillesse s’il ne se connaît pas ».

    Le jeune homme est d’une beauté saisissante, plein de superbe ; il demeure indifférent à l’amour alors qu’il est très courtisé. Un jour, après la chasse, alors qu’il se désaltère à une source d’eau pure, il tombe éperdument amoureux de l’être qu’il aperçoit. Il tente désespérément de saisir sa propre image, incapable de s’arracher à la contemplation de lui-même. Quand il comprend enfin qu’il s’aime lui-même, atteint d’une folie inguérissable, il dépérit peu à peu, pleuré par Écho, la déesse dont il a rejeté l’amour, puis il rejoint les enfers où il continue à chercher dans le Styx les traits aimés. Les Naïades et les Dryades ne trouvent, en guise de cadavre, que sa métamorphose, la fleur qui porte son nom. Pourquoi un tel sort ?

    La déesse de la vengeance, Némésis, offusquée par tant de vanité et d’orgueil, veut faire justice à tous les cœurs meurtris par Narcisse, en le condamnant à aimer sans être aimé en retour : son image ne peut pas lui rendre son amour.

    Quel est le Processus d'individuation  de Narcisse ?

    Le mythe de Narcisse témoigne d’une introversion de la libido à savoir un détournement de l’énergie du Processus d’individuation.

    Le Processus d’individuation ouvre à l’altérité, à la reconnaissance de l’autre dans sa réalité, dans sa différence et la reconnaissance du grand Autre (le Soi). L’archétype de l’individuation est celui de l’émancipation de la psyché collective (la Grande Mère, l’Inconscient) qui demande à ce que la fusion/dilution cesse. Ce processus suppose qu’il y est un Moi conscient en relation avec le Soi. Mais dans le mythe de Narcisse, il se produit exactement l’inverse : il n’y a pas de réelle expérience avec le Soi, en l’absence de relation à l’Autre. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » est impossible. Ce commandement implique qu’il y est un Moi conscient qui puisse témoigner de la présence du Soi, à l’œuvre chez l’autre. Le drame de Narcisse est de rester confondu avec la Grande Mère (l’Inconscient). Cette dilution est fatale, car il ne connaît que le monde de l’indifférencié où rien n’existe, même pas lui. En conséquence Narcisse n’est pas l’expérience de l’inflation narcissique, contrairement à ce que peut véhiculer la culture dominante. Elle est l’expérience du piège de l’indifférencié et d’un Processus d’individuation impossible en l’absence d’un Moi en quête de conscience et de différenciation.

    En quoi ce mythe parle de l'homme d'aujourd'hui ?

    Le mythe de Narcisse parle d’une libido qui reste à l’état infantile, ce qui exclut toute notion et expérience de l’altérité. Si l’homme moderne souffre d’une inflation du Moi, Narcisse quant à lui, souffre de l’impossibilité de construire un Moi, en l’absence de relation à un autre. Les notions de Moi et d’Autre sont indissociables et s’établissent concomitamment dès la naissance, dans l’expérience du rapport à l’environnement : ce qui n’est pas moi est autre.

    L’homme dit civilisé semble avoir dépassé le stade de la fusion et cependant souffre d’inflation narcissique. Il succombe même au narcissisme destructeur qui est à l’œuvre individuellement et collectivement : la tyrannie de l’image, de l’apparence, du meilleur alors même que le Processus d’individuation est une quête de l’unique et des profondeurs. Le narcissisme, s’il est une tentative de différenciation salutaire, peut effectivement s’avérer destructeur. Dans ce cas, il fait écho à une immaturité psychoaffective dont la caractéristique est l’intolérance à la frustration. Ceci est un reliquat de l’enfance qui maintient l’individu prisonnier de la relation primaire maman/bébé. Ce stade fusionnel, où les notions de moi, d’autre et de relation ne sont pas acquises. Tel est le cas pour Narcisse.

    Narcisse est-t-il une entité indifférenciée, bio psychique ?

    Le mythe de Narcisse illustre le drame du « non soi » que la psychologie moderne nomme la faille narcissique. Le soi de soi-même demeure à un stade archaïque, le Moi ne se construit pas, pas plus que le Soi ne se réalise. Narcisse correspond à l’enfant qui reste identifier aux composantes organiques d’un nourrisson à savoir, ses pulsions, ses sensations, ses besoins physiologiques, ses instincts… Cet être bio psychique est plus proche de l’animalité que de l’humanité. De plus, le mythe ne parle pas du rapport de Narcisse avec sa mère. Un élément de plus qui indique que la relation archaïque mère/enfant est une étape qui n’a pas eu lieu. Or cette relation primaire pose les bases de l’altérité donc du « Toi et Moi ». La responsabilité de la mère est d’humaniser l’enfant par son regard et ses soins, de lui transmettre le goût de l’Autre et de la relation. Si cette responsabilité n’est pas assumée par la mère biologique, l’enfant ne fait pas l’expérience structurante de l’amour et ses fondations narcissiques seront endommagées, au point de ne pas disposer de l’énergie nécessaire pour réaliser ses potentialités et s’individuer. Sa libido s’oriente exclusivement vers un état régressif.

    Qu'en pense Jung ?

    Le psychiatre suisse fait l’hypothèse d’une mémoire de l’état originel antérieur à la conception et à la gestation. En effet Jung ne parle pas de narcissisme primaire, mais « d’investissement narcissique ». Il parle d’une tendance naturelle de la libido à retrouver l’état édénique de l’unité, et il qualifie ce mouvement de régression. Quand l’adaptation au monde est trop difficile pour le Moi, la libido régresse. C’est une option naturelle, car le retour à l’état originel est un appel du Soi.

    La condition humaine nous inscrit dans ce double mouvement, la régression et l’individuation, indifférencié et différencié. L’archétype du Soi est une instance narcissisante puisque sa finalité est de faire advenir un être unique et singulier, ce qui exige que le Moi intègre les énergies du Soi et qu’il sacrifie sa toute-puissance et omnipotence enfantine.

    Le Processus d’individuation suppose le sacrifice de l’enveloppement originel d’avec la Grande Mère et celui de l’imago de la mère biologique. Ces deux enveloppements signifient la dépendance, l’immaturité psychoaffective, l’irresponsabilité… le retour à la symbiose « mère cosmique/enfant » et à la symbiose narcissique « mère/enfant ».

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